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L'impact du coup d'état sur les jeunes

Alors que la situation devait se normaliser le 1er février avec la fin tant attendue du confinement, le coup d’état a été un choc très violent – notamment pour les jeunes qui commençaient à voir leur pays se démocratiser et se développer encore davantage après le succès électoral de novembre 2020.

Quelle est la situation aujourd’hui ? Nous essayons dans cette lettre de vous donner quelques nouvelles et si vous souhaitez un moyen concret de les soutenir.



Un choc qui mobilise les jeunes de la Génération Z

Il y a bientôt 3 semaines, tôt le matin du lundi 1er février, l'armée birmane a arrêté les dirigeants du parti au pouvoir (Ligue Nationale de la Démocratie, NLD), dont le président U Win Myint et la conseillère d'État Aung San Suu Kyi (Mother Suu pour les birmans). L'armée a ensuite annoncé un état d'urgence et arrêté net un processus démocratique en train de se stabiliser. Les militaires n’ont cessé de durcir le ton depuis leur coup d’État et ont depuis développé l’arsenal répressif. Plus de 450 personnes – responsables politiques, médecins, militants, étudiants, grévistes – ont été placées en détention. Néanmoins les jeunes birmans, notamment la « Génération Z » sont sur la ligne de front contre la junte. Trop jeunes pour avoir connu les régimes militaires précédents et les sanglantes répressions de 1988 et 2007, ils ont grandi dans l’atmosphère enivrante du processus démocratique enclenché il y a tout juste dix ans, après que la junte au pouvoir a procédé, en 2011, à son « autodissolution » – mettant ainsi fin à quarante-neuf ans de dictature. Le coup d’État du 1 er février est l’image du grand retour en arrière que cette reprise en main militaire symbolise. Les jeunes de la « Gen Z » ne sont pas prêts de le digérer ou à l’accepter. La résistance populaire a pris diverses formes, dont certaines sont plus difficiles à faire taire que d'autres : le martèlement de casseroles et de poêles (pots and pans) dans de nombreuses régions du Myanmar à 20h heures tous les soirs, qui rappelle une tradition buddhiste pour chasser les démons. Le Civil Desobedience Movement prend de l’ampleur. Les fonctionnaires, médecins et une large partie de la population a cessé de travailler. Le pays est à l’arrêt. Les appels à la désobéissance civile ont continué d’être lancés en Birmanie malgré le durcissement de la répression par la junte. « Nous n’avons pas le choix, il est de notre responsabilité de poursuivre la lutte contre l’armée qui nous a volé notre démocratie ! », dit Monica, de YounSone. Si nous ne pouvons pas communiquer par internet, nous avons créer des réseaux afin de continuer la lutte. » Mais ce combat est difficile et crée des clivages et drames au sein de leurs familles dans une société qui voue encore un grand respect voire une obéissance totale à ses aïeux. C’est un déchirement difficile à vivre pour beaucoup. « Je me sens toute seule dans mon combat » dit Julia qui gère YounSone et se voit coupé du reste de sa famille qui se retranche dans les lieux protégés par les militaires.

Qu'est-ce qui les anime ?

Le profil singulier de ces « insurgés » sans armes qui constituent le fer de lance d’un mouvement inouï, incarnation du rejet global de la population faisant face à une armée haïe, se dessine autour de trois mots : la détermination, le courage et la peur.

La détermination Toutes et tous le disent, le répètent et le scandent en une sorte de mantra têtu : «Nous ne céderons pas, si on échoue maintenant, c’est foutu : la lutte d’aujourd’hui est le garant de notre avenir. Nous protestons aujourd‘hui pour un demain meilleur.»

Le courage Comme l’assène, un peu bravache, une jeune femme : « S’il le faut, je suis prête à mourir. » Quand l’on se souvient que les manifestations de 1988 firent 3 000 morts, cette déclaration risque cependant de ne pas être une promesse en l’air.

La peur Toutes et tous le reconnaissent : « Nous craignons une répression violente, nous savons que l’armée peut tirer. Franchement, je prends conscience que demain je serai peut-être mort ». Ils se sentent moins seuls que les héros mythifiés de la « Génération 88 » : et c’est là que nous pouvons aider et soutenir. « Il y a trente-trois ans, nos prédécesseurs se battaient dans une Birmanie presque coupée du monde. Les exactions des soldats ne pouvaient être répercutées immédiatement, il n’y avait ni Internet ni téléphones portables. Les étudiants avaient une connaissance limitée du monde extérieur. Aujourd’hui je suis en lien grace à notre mouvement avec des personnes de toute l’Asie mais aussi de l’Europe et du reste du monde. Cela nous donne une force même si nous nous sentons isolés. Leurs marques d’affection, leur intérêt et leur soutien compte et nous fait tenir », conclut Julia. Sources : Interviews de l’équipe de YounSone by Fondacio au Myanmar Articles parus dans Le Monde



Et nous en Europe ?

Ils et elles sont déterminés, courageux et ils ont peur. Nous pouvons simplement et humblement montrer notre intérêt en nous associant aux prières organisées, en achetant leurs produits, en communiquant avec eux et en manifestant notre solidarité. Chaque geste compte et contribue à maintenir l’espérance


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